Paris, dans les années 50. Rémi Bosson se sent étranger chez lui. Il refuse l'idée de grandir entre sa mère, Miette, maniaque et effacée jusqu'à la lâcheté et son père, Marcel, autoritaire et méprisant jusqu'à la violence. Dans la cage d'escalier de son immeuble résonne un silence assourdissant qu'il ne comprend pas : tout est tu. De plus, une étrange apparition qui paraît attendre à la fenêtre de sa chambre lorsqu'il rentre chez lui, l'inquiète terriblement. Trop de choses incompréhensibles l'assaillent. Rémi veut comprendre. Pourquoi son protégé, le gentil Vincent Vosse et fils de la concierge, lui dit que Mme Vaïner, la dame du deuxième, ne les aime pas. Et pourquoi cette Mme Vaïner écoute-t-elle tous les soirs la complainte de Nikolka de Boris Godounov. Même son bon oncle Victor, dans sa discrétion bienveillante, semble cacher des choses... En plus de l'affection de Victor, il reste à Rémi sa passion pour le cyclisme, l'amitié de Pierre et les doux émois qu'Annette, la sœur de Pierre lui procure. Pourtant, même Pierre, généreux, enthousiaste et passionné d'architecture, porte et supporte une famille plongée elle aussi dans une inquiétante torpeur. De questions en révoltes, Rémi va découvrir les ravages que la guerre a infligé aux juifs.
La chape de silence qui écrase la famille de Rémi renvoie à celle des rescapés du génocide juif. Attaché aux révoltes et aux questions du héros, le lecteur découvre avec lui ce qui s'est passé à Paris pendant la seconde guerre mondiale : la montée de l'antisémitisme, la spoliation des juifs, les rafles et la déportation versus l'ambition, la dénonciation et/ou le silence et la honte partagée. Avec Rémi, le lecteur se retire chez Victor, le juste, pour voir que, de l'autre coté de cette guerre, existaient le courage et le solidarité.












